A nouveau la société de développement d'Anzère (SDA) n'arrive pas à respecter son budget, 17'746 CHF de pertes pour l'exercice finissant au 31 octobre 2010, après 8'905 CHF de pertes pour l'exercice précédant. Au bilan la somme des pertes reportées atteint 159'304 CHF, voir les comptes de la SDA 2009-2010.

Il y a environ 15 ans la commune avait déjà du participer à la couverture de plus de 500'000 CHF de pertes de la SDA. Aujourd'hui il me semble que le comité de l'association a retrouvé cet esprit qui consiste à ne pas se faire de soucis pour les pertes de l'association, qui sauf faillite, seraient certainement prises en charge par la commune. Je ne sais pas s'il existe une stratégie établie par le comité et par la commune pour la gestion des pertes reportées (Dans X années les pertes reportées au bilan de la SDA seront de 0, 150'000 ou 500'000?).

Les membres présents ont accepté la «souscription» d'un prêt bancaire, qui permettra à la SDA de prendre une participation dans le Spa-Wellness d'Anzère. On s'aperçoit que les pertes reportées de l'association ne permettent pas d'avoir, en partie, le cash pour utiliser le fonds de réserve-investissements de 500'000 CHF porté au bilan de la SDA.

Le président de l'association annonce le besoin d'investir 20 millions dans les vingt prochaines années, soit une moyenne de1 million par année et selon le rapport du président de la SDA 20% de la marge brute d'autofinancement de la commune. Ce qui est faux. Les véritables chiffres de marge brute d'autofinancement de la commune d'Ayent sont:

1999 1'356'264
2000 -44'150
2001 1'456'377
2002 2'517'358
2003 2'546'633
2004 3'565'566
2005 3'017'828
2006 3'046'438
2007 4'948'952
2008 3'767'212
2009 3'503'586


total sur 11 ans 29'682'064
moyenne annuelle 2'698'369
1 million représente donc 37.06%

Contrairement à ce que croient les instances touristiques de notre commune, le rôle d'une commune ne s'arrête pas au seul soutient d'un secteur économique local, même et peut-être surtout, s'il est le premier de notre commune (voir art. 6 de la loi sur les communes ci-dessous).

Une autre théorie entendu ce soir et qui m'agace: Le tourisme représente X pour-cent des revenus fiscaux de notre commune, il faut donc que la commune dépense X pour-cent pour le tourisme. C'est oublié le principe de l'impôt communal, qui contrairement à la taxe de promotion touristique, n'est pas affecté, mais versé au pot commun du ménage communal.

Que seule la commune investisse ne sera donc pas possible. Il faudra trouver d'autres sources de financement: une augmentation des impôts pour les contribuables ayentôts, une nouvelle taxe sur les résidences secondaires pour les contribuables hors commune (ex:règlement sur les résidences secondaires du val d'Illiez), ou/et une augmentation des taxes de séjours? Lesquelles j'attends des propositions réelles et concrètes et pas seulement de «y a qu'à».

Quand au "jackpot" du retour des concessions, la décision de la commune de demander le versement des millions, pour avoir ensuite à nouveau le droit de se taire pendant 80 ans, n'a pas encore été prise. Il y a d'autres possibilités, comme le rachat par les communes concédantes d'environ 20% (parties non mouillées) des 140 millions de valeur des installations (valeur assurance incendie selon rapport de la Lienne SA). Cela permettra à la commune d'assurer l'approvisionnement en énergie, une autre des nombreuses tâches imposées par l'article 6 de la loi sur les communes de 2004.

Art. 6 Attributions et souveraineté territoriale

Sous réserve des législations cantonale et fédérale, la commune municipale a notamment les attributions suivantes:

a) la gestion et le contrôle des finances municipales;

b) la police locale;

c) l'aménagement local et la police des constructions;

d) la construction et l'entretien des bâtiments, rues, routes et chemins municipaux;

e) l'alimentation en eau potable, l'évacuation et l'épuration des eaux usées, le traitement des ordures;

f) la protection contre le feu et la protection civile;

g) la protection de l'environnement;

h) l'enseignement dans les écoles enfantines, dans les écoles primaires et au cycle d'orientation;

i) la promotion du bien-être social;

j) l'aide sociale et la tutelle;

k) l'encouragement des activités culturelles et sportives;

l) la promotion de l'économie locale;

m) l'approvisionnement en énergie;

n) le contrôle des habitants;

o) l'adoption de mesures en vue de remédier aux éventuelles carences en matière d'approvisionnement en énergie, denrées alimentaires et autres produits de première nécessité.

Et contrairement à l'habitude du comité de la SDA, d'investir avant d'avoir l'argent (participation au spa), discutons d'abord, prenons les décisions, assurons le financement et ensuite investissons. Dans 25 ans les priorités seront peut-être toutes autres pour nos successeurs.

20 millions pourquoi précisément, je ne sais pas. Une liste exacte, un planning à long terme et des priorités sont donc nécessaires. Et comme les sommes sont importantes et certainement de la compétence du conseil général, j'invite le président de la SDA à faire parvenir le plus rapidement possible sa planification au conseil général pour avoir, enfin, un véritable débat démocratique. Et pour que la politique communale du tourisme ne soit pas seulement des discussions de bistrot, des théories du conseil communal ou une liste de «il faudrait», mais basée sur de véritables décisions démocratiques.

Autre information apprise ce soir: une nouvelle entité devrait se charger des infrastructures. Je n'ai malheureusement pas plus d'informations sur cette nouvelle structure qui verrait la participation de la commune (la commune a pour tâche de favoriser l'équipement touristiques selon la loi sur le tourisme 1996), de TéléAnzère (qui a déjà de la peine à financer ses propres investissements) et d'autres?

Malgré la taxe de promotion touristique, approuvée par le conseil général en 2005, et qui apporte environ 300'000 CHF pour la promotion du tourisme, les nuitées sont toujours en baisse. Avons-nous une stratégie de promotion et de marketing efficace? Que faut-il faire pour que cela change et pour utiliser de manière efficiente la taxe de promotion touristique ?

Post-scriptum: Ce qui me désole, c'est le fait que les mêmes personnes qui ont appelé à rejeter la nouvelle loi sur le tourisme, se plaignent maintenant du manque de financement du tourisme et des dissolutions des entités touristiques régionales.